Non coupable

Maryse Tschui. © Sandra Culand

Les petits écrans, la chronique de Marlyse Tschui.

Je les aime, les jeunes. Je dis volontiers que je n’ai jamais ressenti, de leur part, une attitude hostile ou méprisante du fait de mon âge canonique. Mais ce qui est vrai, à titre personnel, n’est qu’une demi-vérité. Hier, je regardais un reportage sur les manifestants qui s’engagent en faveur du climat. Et, comme à chaque fois, en spectatrice impuissante, je me suis énervée contre ces gamins qui accusent ma génération d’être responsable du désastre environnemental dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui. Hé, les jeunes! Elargissez un peu votre vision historique! Il y a 200 ans, à coups de charbon et de pétrole, la révolution industrielle a permis de construire le monde confortable dans lequel vous vivez aujourd’hui. Qui se serait douté, à l’époque, que ces fumées noires qui s’envolaient dans le ciel, au lieu de disparaître à jamais, finiraient par polluer toute l’atmosphère terrestre?

Il a fallu le cri d’alarme des scientifiques du Club de Rome, en 1972, pour nous apprendre que nous allions droit à la catastrophe. Non, je n’y suis pas restée insensible. J’avais 24 ans à l’époque. Alors, au nom de tous ceux qui votent vert depuis un demi-siècle, qui manifestaient en 1975 contre la construction de centrales nucléaires, qui soutenaient Greenpeace et le WWF, qui consommaient des produits bio en passant pour des farfelus, je proteste et je plaide non coupable. Mieux, je vous passe le relais, à vous les jeunes. Votre tour est venu de travailler pour changer les choses, de vous engager concrètement dans des activités utiles. Et, si vous commenciez par ramasser vos déchets après avoir pique-niqué dans la nature, comme nous, les vieux, avions appris à le faire?

Non, blague à part: manifester dans la rue ou dans la nature ne suffit pas. La science, les innovations techniques et la politique ont besoin de vous. Engagez-vous. Un jour, vos enfants et les enfants de vos enfants vous remercieront de vos efforts pour sauver la planète. A moins qu’ils ne vous reprochent de ne pas en avoir fait assez…

Marlyse Tschui

 

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