Mort assistée: à chacun sa réponse

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Dans sa nouvelle chronique pour le magazine Générations, Rosette Poletti donne son avis sur la septuagénaire britannique qui a récemment défrayé les médias en venant se faire euthanasier.

Le 21 juillet 2015, Gill Pharaoh, une infirmière retraitée, citoyenne britannique de 75 ans, mariée et mère de deux enfants, est venue mourir à Bâle. Elle a confié sa mort à une association pratiquant l’aide au suicide assisté. Cette femme avait voulu expliquer son geste: son expérience d’infirmière lui avait montré que vieillir pouvait être si morne et si triste qu’elle se sentait prête à mourir. Elle estimait qu’elle avait vécu ce qu’elle voulait vivre et souhaitait laisser une bonne image d’elle-même à sa famille, désirant n’être un fardeau ni pour ses proches ni pour le système de santé anglais.

 

Si, en Angleterre, sa mort a ouvert un large débat public, elle a évidemment provoqué de nombreuses réactions en Suisse aussi: c’est à Bâle, en effet, que Gill a choisi d’en finir. Journaux, réseaux sociaux, pas un média n’est resté muet sur ce fait-divers, mettant souvent en exergue le même élément: madame Pharaoh était en bonne santé et n’était âgée que de 75 ans. Préférer la mort lorsque l’on est gravement malade, lorsque l’on souffre physiquement ou psychiquement, sans possibilité d’être vraiment soulagé, peut se comprendre. Il est plus difficile d’admettre qu’on puisse désirer la mort lorsqu’on jouit de la santé. Pour beaucoup, la vie est en effet sacrée et le recours au suicide est simplement exclu!

 

Cette position – qui défend souvent aussi les soins palliatifs et la force de l’amour – est parfaitement respectable, mais ne doit pour autant pas être imposée aux autres. Chacun est libre de décider de ses convictions et d’agir en harmonie avec elles, lorsque cette action entre dans le cadre de la loi.

 

Je pense à Mireille Jospin, la mère de l’ancien premier ministre français. A 92 ans, Mireille a choisi de mettre fin à ses jours, en toute conscience et sans l’aide de personne, pour rester fidèle à sa conception de la vie et de la mort. Beaucoup de questions, on le voit, restent ouvertes à propos du suicide assisté, à propos de la liberté et de la dignité. Mais nous avons, chacun d’entre nous, à trouver NOS réponses, en nous gardant par-dessus tout de vouloir les imposer aux autres.

 

Rosette Poletti


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