Martina Chyba: "J’ai testé pour vous…le nettoyage écolo"

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J’aime que ce soit propre chez moi. Mais je n’aime pas faire le ménage. Donc, je le fais comme tout le monde : en râlant. Et en polluant. 

Oui, je fais partie des gens qui mettaient des liquides bleus dans les toilettes, juste pour que ce soit plus joli à regarder quand on fait pipi, c’est dire si on part de loin. J’ai un placard à balais dans lequel il y a certes des balais, mais aussi beaucoup de produits chimiques. Un truc pour les vitres, un truc WC, un truc détartrant, un truc salles de bain, un truc parquet, un truc four, un truc vaisselle à la main, un truc vaisselle en machine, un lave-linge et je suis sûre que j’oublie un truc. Ah oui, l’eau de Javel. Tout cela joyeusement conditionné dans des bouteilles en plastique sur lesquelles il y a des tas de têtes de mort pour dire… attention danger ! 

 

Alors, je me suis regardée dans mon miroir brillant grâce au spray power protect vitres éclatantes et je me suis dit qu’il fallait que j’arrête de balancer tous ces produits toxiques dans la nature et, accessoirement dans mes poumons. C’est décidé, je dois dépoussiérer ma life.

 

Aussitôt dit, aussitôt fait, je me rends dans un magasin bio. Je prends, comme on me l’a conseillé, du vinaigre, du bicarbonate de soude et je trouve un « cake à vaisselle » au marc de café ainsi que des noix pour faire la lessive. Oui, des sortes de noix qu’il faut mettre dans un petit sac en tissu directement dans le tambour du lave-linge. Le cake, qui est en fait un petit savon, coûte un bras, ce qui est emmerdant, car il ne m’en restera plus qu’un pour faire le ménage, mais enfin, allons-y.
Je commence par la vaisselle, car on a fait une plancha hier et il y a un gros tas de choses grasses et incrustées à laver. J’aurais adoré pouvoir dire que le savon roulé sous les aisselles bobo non épilées ne fait aucun effet, mais je dois au journalisme de me limiter aux faits objectifs : ça marche.

 

Ça mousse un peu, ça nettoie, même la plancha dégueu est propre et ça ne sent rien. Euphorique, je crie à mon fils que je vais faire comme à la salle de bain : on revient au savon, adieu liquides et plastiques, du balai ! Je crois qu’il s’en fiche complètement. J’attaque ensuite la lessive, c’est moins euphorique. Le coup des noix, là, bof… D’abord, elles ne sentent pas très bon, le petit sachet en tissu n’est pas pratique, surtout mouillé. Le linge est-il sorti propre ? Mmmoui, mais si je l’avais lavé sans rien à 40 degrés, ça aurait probablement été pareil, ils disent que s’il y a des taches, il faut de toute façon traiter avant. Et puis, j’ai lu sur le paquet, en tout petit que ces noix sont certes bio, mais viennent de l’Himalaya, là, je me suis fait avoir… Fâchée, je jette l’éponge. Et les noix.

 

Pour finir ma super journée, j’entreprends les salles de bain au vinaigre. Difficile, car je n’aime pas le vinaigre, même dans la salade, alors dans ma baignoire ! Mais force est de constater que ça nettoie. A condition de mettre un peu d’huile aussi. De coude évidemment. Je ne sais pas, j’ai le sentiment qu’il faut frotter plus et, comme ça ne mousse pas, j’ai l’impression que ce n’est pas propre même si ça l’est. Et puis ça pue. Au final, j’ai mal au bras et l’impression de vivre dans un bocal de cornichons. J’appelle ma fille de 24 ans pour lui dire que j’ai fait un truc dingue, le ménage au vinaigre et au savon. Elle me répond quelque chose comme : « Ben oui, c’est normal. » C’est officiel, je fais partie des vieux ringards.

 

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Sur ma lancée, j’ai décidé de détartrer la machine à café, et j’ai rempli le bac à eau de vinaigre pour la nuit. Tête de mon amoureux le lendemain quand il se tire un express. Rien que pour ça, l’expérience en valait la peine, hihi. Notre vie a tourné au vinaigre, mais dans le bon sens du terme, puisque ce délicieux produit fait désormais partie de notre placard à balais.

 

 

... POUR EN SAVOIR PLUS ...

 

Nettoyer sa maison au naturel: une méthode moins polluante

Passer à des méthodes de nettoyage moins polluantes fait partie de la lutte contre ce que l’on appelle les micropolluants. Il s’agit de métaux lourds et de substances synthétiques, issues de la chimie et du pétrole, et présentes en très faible concentration dans l’eau. Les scientifiques craignent une contamination de notre eau potable ainsi que des effets néfastes sur la faune, notamment les poissons. Selon le site d' energie-environnement.ch, sur lequel vous trouverez une foule de conseils sur le nettoyage et les micropolluants, les produits, même ceux qui sont annoncés biodégradables, ne peuvent pas être totalement assainis par les stations d’épuration. Ils sont également mauvais pour la santé, car ils peuvent contenir des substances corrosives ou irritantes (signalées par des étiquettes orange), qui peuvent créer des problèmes d’allergies et d’irritations.

 

« Le ménage d'entretien ne nécessite pas un truc méga chimique qui va bousiller notre santé » Leila Rölli, spécialiste

« J’ai un argument qui marche à tous les coups, sourit Leila Rölli, journaliste passionnée d’écologie, créatrice de la page envertetcontretout.ch et de l’opération Février sans supermarché, c’est l’argument économique. Diminuer le nombre de produits, acheter des choses simples comme du vinaigre et du bicarbonate de soude, cela coûte beaucoup moins cher. » Nous dépensons en effet en moyenne 100 francs de produits nettoyants par an et par personne en Suisse. Pour Leila Rölli : « Le ménage d’entretien une ou deux fois par semaine ne nécessite pas un truc méga chimique, qui va bousiller notre santé et la planète. » Elle donne des conseils pratiques : avoir un bac de vinaigre dans lequel on peut faire infuser des écorces d’agrumes, des aiguilles de pin ou de la lavande, si on n’aime pas l’odeur. « Ensuite, on met dans un spray un tiers de ce vinaigre et deux tiers d’eau. C’est un désinfectant, ça lave à peu près tout, vitres, salles de bain, cuisine. Pour la vaisselle, il y a du savon de Marseille pas cher, si on veut de l’abrasif, on frotte avec une pincée de sel. On peut également avoir recours au bicarbonate, qui est aussi un désodorisant, il suffit d’en répandre un peu sur les canapés et d’aspirer après. Attention, en revanche, aux huiles essentielles, cela peut être dangereux, à utiliser plutôt dans un but thérapeutique, avec parcimonie et pas pour parfumer. » 

 

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A côté des produits, elle recommande d’essayer d’éviter les lingettes bien sûr, mais aussi le papier ménage, le coton, bref tout ce qui devient déchet. Investir dans des chiffons et revenir aux mouchoirs, serviettes et démaquillants en tissu. Si on lui oppose l’argument imparable de l’eau que l’on va devoir utiliser pour nettoyer tout ça, sa réponse est tout aussi imparable : « On met à laver avec des lessives que l’on fait de toute façon. Pour produire et transporter du jetable, des rouleaux de papier ménage par exemple, et leurs emballages, il faut aussi énormément de ressources ! » 

 

Martina chyba

 

 

 

 

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