Martina Chyba : « J’ai testé pour vous…le régime sans sucre »

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Le sucre, ma seule addiction. Hélas, ce n'est bon ni pour la santé ni pour la silhouette. On stocke et au pire endroit. C'est décidé, je prends le pari fou de me limiter. 

C’est bien connu, il faut se méfier des poudres blanches. Comme je n’ai jamais pris de cocaïne et que je dois faire attention au sel pour cause d’hypertension, il me restait le sucre comme addiction. Ben, c’est pas bien d’en manger trop, ni pour la santé ni pour la silhouette, surtout après la ménopause. Car on stocke paraît-il. Alors, je confirme, on stocke. Pas à l’endroit où l’on aimerait, genre le décolleté, mais à l’endroit où il ne faut pas, genre le bide. Je vais essayer de limiter les dégâts, et donc limiter le sucre. Voire, un truc de dingue, m’en passer pendant une semaine. 

Vite dit, mais pas vite fait. Car le sucre visible est facile à identifier, adieu miel dans mon thé le matin, carré de chocolat noir à 90 % (oui même à ce pourcentage il y a encore du sucre hélas !), barre de céréales, jus de fruits, etc. Mais il y a le fameux sucre caché, et là… ça se complique. Il faut lire les étiquettes, ce qui est une première difficulté même avec des lunettes, tellement c’est écrit petit. Eh bien, c’est l’enfer, il y a du sucre dans tout, en gros. Dans le ketchup, on savait, et je n’en mange pas, mais aussi dans la moutarde, dans la sauce à salade, dans le vin, l’équivalent de huit morceaux de sucre dans un verre de liquoreux, mon préféré, dans la viande séchée, la sauce tomate, et même dans le Cenovis ! Je vous juuure ! En fait, dans tous les produits transformés et industriels, il y a du sucre ajouté. Qui s’empile dans notre organisme, par-dessus les produits sucrés que nous consommons déjà. 

Bon, on attaque le régime : pas trop de sel, plus de sucre, pas d’alcool, limiter les fruits aussi, je sens que ma vie va être scintillante, ces prochains jours. Au bout de la semaine, j’espère secrètement être plus en forme et moins en formes, si vous voyez ce que je veux dire.

Je suis d’origine slave, donc le petit-déjeuner salé ne me fait pas peur, mon père mangeait du pâté le matin, c’était atroce. Donc, pain fait maison, fromage, œuf dur, thé citron sans miel. A midi, riz ou pâtes, légumes, salade à l’huile d’olive, poulet ou poisson, rebelote le soir. A priori, cela ne ressemble pas à de la torture, pourtant deux impressions se dégagent : 

1. J’ai faim tout le temps, comme si mes repas n’étaient pas terminés. Donc hop je prends des noix de cajou, hop je prends un deuxième œuf dur, hop je prends une pomme, mais ce sentiment ne me quitte pas, il y a un appel au sucre.

2. Lorsque j’ai un coup de stress ou une émotion, y a pas à tortiller, croquer une carotte ne fait pas le même effet qu’un carré de chocolat noir. J’ai beau attendre l’effet antidépresseur, il ne vient pas. Donc j’avoue, même si c’est un micro souci (car dans certains pays on ne se pose évidemment pas la question du régime sans sucre), que, vers 16 heures, c’est un peu rude, et je suis soit, un chouïa de mauvaise humeur, soit un chouïa déprimée. Ça doit se voir, car, au bout de trois jours, mon chéri me dit gentiment : « Tu veux pas reprendre un peu de sucre ? »

Bilan final : Suis-je en forme ? Beuh… faut le dire vite, les deuxième et troisième jours, j’étais à plat. Mais je sais, désormais, que je peux limiter. J’ai appris à faire un gâteau flocons d’avoine-banane-lait végétal-sans sucre-sans gluten-sans œuf. Je n’achète plus de sauce à salade, de sauce tomate préparée, de viande séchée industrielle. Et j’ai appris que le chocolat noir 90 % joue un rôle important dans ma vie. Je recroque mon premier carré avec délice, j’ai appris à l’apprécier en pleine conscience, comme on dit.

Question subsidiaire : mon ventre a-t-il dégonflé ? J’ai peur qu’il faille plus qu’une semaine pour ça, et je vous proposerai peut-être dans quelque temps un test de … liposuccion.

 

 

 

...Pour en savoir plus...

 

«Le sucre, on en mange tout le temps sans même s’en rendre compte » Maaike Kruseman, diététicienne 

Nous consommons en moyenne 120 g de sucre par jour. La recom-mandation de l’Organisation mondiale de la santé est de 50 g, idéalement 25. « Nous en mangeons cinq fois trop, résume Nathalie Farpour-Lambert, médecin associée, responsable du Programme Contrepoids des HUG. Conséquences sur la santé : obésité et caries. Et en association avec la prise de poids, risques de maladies cardio-vasculaires. On constate également une augmentation nette du diabète, qui suit la courbe montante de l’obésité. Une consommation excessive de sucre contribue à une augmentation de la graisse corporelle, à une inflammation chronique et ainsi au développement d’un diabète de type 2. » Conclusion : oui, il faut réduire notre consommation.

Dans le viseur de la doctoresse, d’abord les boissons. « Il ne faut pas oublier qu’une bouteille de soda ou un thé froid, c’est 60 grammes de sucre, plus que la dose journalière recommandée. Les latte et capuccinos industriels sont aussi une catastrophe, il faudrait les prendre non sucrés. » Elle recommande également d’éviter les produits ultratransformés. « Dès qu’il y a plus de cinq ingrédients, il est fort probable qu’il y ait un ajout de sucre. Avis aux parents et aux grands-parents, pour les goûters et le petit-déjeuner des enfants, évitez les yaourts sucrés, les viennoiseries et les céréales industrielles. Du pain, un carré de chocolat suisse, un fruit, un yaourt nature, c’est parfait. »
« Le sucre, on en mange tout le temps sans même s’en rendre compte », renchérit la diététicienne Maaike Kruseman, auteure du livre Changer de poids, c’est changer de vie (Editions Planète Santé). « Il se cache aussi sous des appellations comme maltodextrine, sirop de glucose, fécule modifiée. Le problème est que l’excès de sucre prend la place de nutriments utiles. Il ne faut pas chercher à le supprimer totalement, mais repérer dans son alimentation où il y en a le plus. » Exemple parlant : les jus de fruits. Ceux des supermarchés sont aussi sucrés que les sodas. Même le frais pressé devrait être consommé en petite quantité. « Une orange donne un demi ou un décilitre de jus, pas trois! On ne mangerait jamais autant d’oranges d’un coup, relève la diététicienne. Et l’énergie liquide est mal comptabilisée par l’organisme. Donc, après 3 décilitres, vous n’avez pas l’impression d’être nourri, alors que vous avez consommé 30 grammes de sucre. 

Contrairement aux glucides contenus dans les céréales non industrielles, les pâtes ou le riz, par exemple, les sucres simples, raffinés, ajoutés, posent problème. « Dès leur entrée en bouche, ils activent le circuit de la récompense du cerveau, ça donne un goût de reviens-y terrible. Comment composer avec ces aliments ? Les garder pour une occasion, un plaisir particulier, il n’y a pas de gâteau à chaque repas, de soda, de bonbons ou de paquet de biscuits, tous les jours. Et puis, ne vous faites pas d’illusion, le sucre, c’est du sucre. Il n’y a aucune différence du point de vue nutritionnel entre le sucre blanc et les « nouveaux sucres » que l’on vous propose : canne, coco, agave, etc. »

 

Martina chyba

 

 

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