Ménopause café

Martina Chyba. © Jay Louvion/RTS

A cœur joie, la chronique de Martina Chyba.

J’ai vu qu’il existait désormais dans certaines entreprises des congés-règles. Oui, que l’on peut prendre pendant des menstruations douloureuses, sans se justifier. C’est con, j’en ai plus.

Je suggère donc d’inventer aussi un CALM. Un Congé A La Ménopause, hihi. C’est vrai quoi, parfois on est épuisées, on a des bouffées de chaleur, des sautes d’humeur, la voix qui mue, le collagène qui fiche le camp et plein d’autres choses qui fichent le camp aussi (même les mecs, parfois). Ce serait tout bénéfice pour le monde professionnel de bichonner les femmes à cette âge-là, au lieu de les licencier ou de leur faire comprendre qu’il faut songer à une pré-retraite parce qu’il est l’heure d’aller s’occuper de ses petits-enfants, n’est-ce pas. Une fois le cap ménopause passé, plus de mauvais jours dans le mois, plus de risques de grossesse, plus d’enfants à chercher avant 18 heures! Des femmes compétentes, expérimentées, disponibles, mais que peut-on vouloir de mieux? C’est marrant, cela peut s’appliquer aux amours. Et être valable également pour les hommes. Vous savez ceux qui fichent le camp? Ceux qui préfèrent deux femmes de 25 ans à une de 50? Eh bien, ils ont grand tort. Pour les mêmes raisons: une fois le cap passé, plus de mauvais jours dans le mois, plus de risques de grossesse, plus d’enfants à chercher avant 18 heures! Compétentes, expérimentées, disponibles, mais que peut-on vouloir de mieux?

Bon bon bon, je sais que ce n’est pas aussi simple, mais il faut arrêter de voir la ménopause comme un grand saut vers la vieillesse, la paix des sens et la camomille. Il reste quelques belles années de fête du string, même s’il a été remplacé par une gaine ventre plat (il y en a des jolies). Moi, quand mon gynécologue m’a annoncé doctement: «Votre risque de grossesse est désormais nul», j’ai eu envie de l’embrasser. Bon, comme j’étais quasi nue dans une position plus que scabreuse, je ne l’ai pas fait, j’aurais fini avec un procès pour harcèlement. Mais j’ai senti que ce n’était pas la fin de quelque chose, plutôt le début d’une nouvelle liberté. Je voulais me lâcher, vibrer encore avant qu’on me débranche définitivement. Je me suis sentie tellement légère, que je dansais dans la rue. Je précise que je me suis rhabillée avant, hein. Mettre du piquant dans sa vie oui, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus. 

Martina Chyba

 

 

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