Lisez, lisez, et lisez encore!

Le livre, complice permanent d'évasion. © Godadex/iStock

L'éditorial de juillet-août du magazine générations.

Lisez les pages qui suivent, vous le verrez, c’est rassurant: il y a évidemment les Kerouac, Maupassant, Dostoïevski ou Duras de rigueur, mastodontes géniaux, éclaireurs puissants de toutes les consciences devant l’Eternel. Mais il n’y a pas qu’eux: les personnalités que générations a interrogées sur leurs lectures réservent quelques surprises aussi, et même, pincez-vous, un auteur anonyme! Tous ces livres ont un point en commun: ils ont changé la vie de leur lecteur, respectivement, de leur lectrice. Oui, chacune des dix personnalités romandes que générations a questionnées le confie avec conviction: ce livre a changé ma vie.

Quoi de mieux, dès lors, pour un été, que de vous proposer des livres à découvrir, et, tiens, les leurs peut-être ? Quoi de mieux encore que de vous répéter que la lecture est plus profonde et plus percutante que n’importe quelle autre occupation estivale ? Oui, car un livre ouvre un monde et nous projette, par le seul miracle des mots et des lettres, dans un univers qui devance le nôtre. Un roman, une histoire, un poème, nous voilà soudain ailleurs, loin de l’ici et le maintenant, qui lui est toujours trop petit, parfois trop moche, souvent trop dur. Oui, le livre nous rend autre. 

Aujourd’hui, le miracle est toujours intact et tous les lecteurs le savent.
 
Je repense au témoignage bouleversant de cet ancien prisonnier qui, un jour, a découvert la puissance du livre. Il le racontait il y a quelques semaines dans la dernière des émissions télé consacrée à la littérature — longue vie à elle, la survivante — La Grande Librairie, sur France 5.

Fabrice Rose — c’est son nom — explique donc qu’un jour, alors qu’il vient de prendre 45 nuits de mitard, on lui lance quelques vieux bouquins pour l’occuper. Parmi eux, un roman de William Faulkner, "Pylônes", dont plusieurs pages ont été arrachées. Le braqueur est si exalté qu’il récrit les pages manquantes au crayon pour reconstituer la trame du roman. Faulkner, poursuit Rose, sera un déclencheur de vie. Oui, tout à coup, grâce au livre, le taulard n’est plus derrière les murs mais ailleurs. Grâce à la littérature et à sa seule puissance, il a littéralement fait le mur.

L’histoire de Fabrice Rose, devenu aujourd’hui écrivain, est éloquente. Elle dit tout de la puissance des lettres quand le monde nous épuise ou nous fatigue. L’ancien braqueur vient de sortir "Le Plan", un polar, évidemment, qui s’inscrit dans la grande tradition du roman policier français.

Bonnes lectures à vous et bel été, rendez-vous en septembre!

>> Lire aussi l'article: "Dix personnalités romandes dévoilent le livre de leur vie"

Blaise Willa, directeur de publication
et rédacteur en chef

0 Commentaire

Pour commenter