Les seniors, aussi, s’engagent pour demain

Une maison Smala de l’écovillage à Cheiry (FR) - Un habitat partagé et intergénérationnel ©DR

L'EDITO du mois de juin, magazine générations

On l’a ignoré, puis à force d’être chuchoté, on l’a enfin entendu: les personnes âgées ont bel et bien été discriminées pendant cette longue et difficile période de confinement, ballotées qu’elles étaient entre la culpabilité d’être à risque et la honte d’être vieux. Entre le déshonneur d’être seul et l’affront, parfois, d’être malade.

 

Puis, des voix se sont élevées, en Suisse comme ailleurs, bientôt rejointes par quelques rares prises de position d’associations et de militants. Puis, ce furent les voix des autorités, enfin, enhardies par les enquêtes que d’autres avaient faites : oui, c’est vrai comprenait-on alors, à demi-mot, les seniors sont à risque mais… on y a peut-être été un peu fort. Bref, déconfinons en douceur. Depuis, les seniors osent de nouveau pointer le nez dehors et le masque sur la bouche.

 

Cette période douloureuse de pandémie, dont on ne cesse de tirer des enseignements de toutes sortes (et c’est loin d’être fini) devra faire jaillir cette vérité: les seniors sont bel et bien des citoyens comme les autres, ils appartiennent au monde, le vivent, l’éprouvent avec profondeur, ils le choient et participent à lui donner du sens. Et, même confinés, ils continuent de réfléchir ! Oui, ils ont eu le temps de penser à eux-mêmes, à leur condition, mais aussi aux autres, à tous ces autres qui rêvent, aujourd’hui, d’un monde plus vert, plus juste, plus beau. Bref, le monde de demain.

 

« Voilà des hommes et des femmes engagés, convaincus, qui, en pensant à demain, donnent la plus belle preuve de leur appartenance au monde d’aujourd’hui »

 

A lire aussiSix seniors se lèvent et font des propositions pour demain

 

Le magazine générations, fort de sa mission, a choisi de donner la parole à six d’entre eux qui aspirent, chacun, à participer pleinement au changement qui s’opère. Une justice plus sociale, une santé moins onéreuse, un revenu de base pour tous, un parcours moins marqué par le genre, un habitat partagé ou une agriculture respectueuse de l’environnement. Ils comptent bien faire partie de la bataille et s’engagent haut et fort pour suivre ou… être suivis. Ils ne connaîtront peut-être pas le résultat de leur vivant, le chemin est long. Mais, peu importe, semblent-ils tous répliquer: l’essentiel, c’est d’agir et d’agir ensemble.

 

Quelle belle profession de foi ! Oui, voilà des hommes et des femmes engagés, convaincus, qui, en pensant à demain, donnent la plus belle preuve de leur appartenance au monde d’aujourd’hui. Ils ont tous entre 60 et 80 ans et jamais ils n’ont imaginé qu’être vieux était honteux, déshonorant ou simplement perdu. Ecoutons-les tous: ils sont en fait la voix des milliers d’autres seniors qui, chaque jour, dans leur maison, dans leur quartier, dans leur famille, participent activement à la marche du monde.

 

Blaise Willa,
directeur de publication et rédacteur en chef

 

0 Commentaire

Pour commenter