Les grands-parents, Greta et le climat

La jeune Suédoise Greta Thunberg restera le symbole de la Conférence sur le climat qui s’est achevée à Katowice, en Pologne. Tresses blondes, visage impassible, cette écolière de 15 ans s’est adressée à l’assemblée de la COP24 avec des mots durs, des mots froids et une incroyable maturité qui prêtait à tout, sauf à sourire.

« Nous sommes à court d’excuses et de temps. Nous sommes venus ici pour vous informer que le changement s’annonce, que cela vous plaise ou non », a prévenu la jeune fille. « Notre civilisation est sacrifiée pour permettre à une petite poignée de gens de continuer de gagner d’énormes sommes d’argent. Lorsque j’aurai 75 ans, mes enfants me demanderont pourquoi vous n’avez rien fait quand il en était encore temps ; vous dites que vous aimez vos enfants, mais vous volez leur avenir sous leurs yeux ! Nous devons laisser les énergies fossiles dans le sol et nous concentrer sur l’équité … et, si le système n’admet pas de solutions, nous devons changer de système ! »

 

Quand j’aurai 75 ans, mes enfants me demanderont pourquoi vous n’avez rien fait ?

 

Ses paroles ont fait le tour du monde et celle qui, désormais, fait figure d’icône va permettre d’intensifier la lutte pour la sauvegarde de la planète. ONG, mouvements citoyens, personnalités — dont le pilote d’avion solaire Bertrand Piccard, que générations a rencontré — associations, ils sont chaque jour plus nombreux à ajouter leur pierre à l’édifice pour faire comprendre l’urgence qui menace la planète. Le combat est immense et les dissensions, hélas, multiples.

En novembre dernier, la première manifestation publique d’envergure de GPclimat a réuni à Lausanne plusieurs centaines de personnes. GPclimat, soit « Grands-parents pour le climat ». Il y avait là des personnes âgées, évidemment, des jeunes, des conférenciers, des militants qui, pêle-mêle, ont échangé — une soirée durant — dans un « bouillonnement de volontés et d’énergies » exemplaire. Bref, comme l’a lancé l’un d’eux, « quelque chose s’est passé ».

Ces grands-parents pourraient aujourd’hui se figer dans une posture de défense, ou, au contraire, se réfugier dans le déni. Oui, les Trentes Glorieuses et leur croissance à tout-va ont carbonisé l’économie. Oui, la consommation et sa frénésie égotiste ont fait exploser les gaz à effet de serre. Ils ont préféré, ce soir-là, dire leur engagement et leur volonté d’œuvrer avec les jeunes, aux côtés des jeunes pour que le monde qu’ils leur laisseront soit meilleur que celui d’aujourd’hui. Aux Etats-Unis, en Norvège, au Canada, en Suède, ils sont des milliers à s’engager aussi. 2019 pourra-t-elle être une année charnière ? La jeune Suédoise Greta n’est vraiment plus la seule à l’espérer.

 

Bonne année à tous !

 

Blaise Willa, directeur de publication et rédacteur en chef

0 Commentaire

Pour commenter