Le coup de la panne

©RTS/Jay Louvion

A cœur joie, la chronique par Martina Chyba

Lorsque l’on prend de l’âge, il y a les bobos qui vont avec… Ça grince de tous les côtés, y compris dans le cerveau, comme quand vous êtes devant la caisse du supermarché et que vous ne savez plus le code de votre carte Maestro. Mais, dans la série des joyeusetés, il y a aussi les problèmes euh… techniques. Au lit. Vous voyez, quoi.

Je suis stupide de dire « euh », parce que, justement, on devrait en parler sans gêne. Perte de libido, panne mécanique ou les deux, la fête du slip peut se transformer en défaite du slip. Si on ne prend pas les choses en main (c’est une image), on peut vite se retrouver avec « pas ce soir, chéri•e, j’ai la migraine » et « pas ce matin, chéri•e, j’ai la Migros ». Et se dire que ce n’est plus de notre âge. Mais hé, les ami•e•s ! Pardon pour la comparaison pas très écolo compatible, mais quand une voiture a une panne, on ne la met pas au garage ou à la casse, tout de suite. On la répare et elle peut encore faire un bon bout de chemin, en procurant un certain plaisir.

D’accord, nous ne sommes pas des machines, nous ne pouvons pas nous « réparer » aussi facilement et juste changer une pièce défectueuse pour une autre. Mais on peut aider. Mon charmant gynécologue me parlait d’un truc censé améliorer le sommeil, les douleurs articulaires et les petits ennuis liés à la baisse d’hormones. Il a ajouté : « Et c’est bon pour la libido. » J’ai dit : « Envoie ! » Il n’y a pas de raison que la ménopause se transforme en pause définitive. Chez les messieurs, pareil. Ils n’ont pas comme nous l’habitude de consulter pour des questions intimes ? Eh bien, c’est le moment. Demander conseil, prendre une pilule bleue, blanche ou rose, cela n’a rien de honteux, tant que ce n’est pas de la corne de rhinocéros. Oui, ce sont des médicaments. Mais une vie sans sexualité, peut aussi aboutir à des médicaments. Genre antidépresseurs. Alors, l’un dans l’autre (si j’ose dire), à chacun de faire son choix.

Enfin, je vous donne un truc : avec mon amoureux, nous pratiquons des « cocktails érotiques ». Nous planifions des moments dans des chouettes bars, et toute la conversation ne doit porter que sur le sexe. Après deux mojitos, c’est fou ce qu’on apprend ! Et ce qu’on est capable de dire…

En revanche, on repousse les exercices pratiques, parce que, lorsque l’on prend de l’âge, comme je disais au début, après deux mojitos, généralement on s’endort !

 

Martina Chyba

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