La Vie et ses réflexions sur la plage

«Je ne cesse de me déplacer, de voyager, ne cesserai jamais de le faire, dans tous les mondes, galaxies, multivers imaginables.» © iStock

Les Fantaisies de Jean-François Duval.

Personnellement, je ne me considère qu’en visite dans l’espèce humaine. La visite aura été plus ou moins intéressante, tourmentée, heureuse… Supposons qu’on me demande un jour de la raconter, j’en relèverai les curiosités, les hauts et les bas, etc., comme on raconte son expérience d’un pays qu’on a visité, sans plus. Ma vie n’est qu’une succession de voyages. Normal: je suis la Vie elle-même, jamais en vacances. A ce titre, je ne cesse de me déplacer, de voyager, ne cesserai jamais de le faire, dans tous les mondes, galaxies, multivers imaginables.

Certains s’imaginent qu’il existe quelque chose comme le Néant, le Rien, la Mort. Foutaises! Par définition, le Néant et la Mort ne sont que des vues de l’esprit, des mots qui ne recouvent rien de réel. Qui donc peut dire: j’ai été mort. Un Terrien (c’est l’une de mes incarnations possibles) me l’a confirmé: je n’ai aucun souvenir d’avoir jamais été mort. Je n’ai que des souvenirs de vivant. Rien ne disparaît. Jamais. Tout n’est que générations et re-générations, métamorphoses, transformations (d’où le titre de ce magazine qui est d’une pertinence remarquable). 

Bien sûr, nous avons l’affreux malheur de perdre des êtres chers. «Il ou elle n’est plus» me paraît l’expression la plus adéquate pour désigner ce phénomème. C’est ainsi: Moi la Vie, je ne me perpétue que sous des formes éphémères, sans aucune solution de continuité. Tantôt me voilà molécule, bactérie, microbe, poisson-chat, éléphant, luciole, vermisseau, brin d’herbe, feuille d’arbre, baobab. Je me subdivise en milliards d’espèces. Mais quand je ne suis pas, je ne suis pas. Autrement dit, Moi la Vie, je suis éternelle, par Nature et sans aucune connotation religieuse. Chaque être en particulier disparaît. Mais je suis un flux constant, et, en tant que tel, j’investis pour l’éternité tout ce qui se dispose à m’accueillir, dans quelque règne que ce soit. Même le règne minéral m’héberge. J’y tournique sous forme d’électrons, je m’y meus sous formes de particules élémentaires, je me confonds avec une Energie qui ne peut s’empêcher d’être. Un trou noir prétend-il m’engloutir? Il ne fait que me dissimuler au regard des observateurs. Bref Energie je suis, sans savoir ni d’où je viens ni où je vais. Besoin de vacances, moi? Vous plaisantez. Allez, qu’un bon bain de mer me rafraîchisse les idées.

Jean-François Duval

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