La Suisse revue et corrigée

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Les origines de la Suisse donnent lieu à bien des interprétations, certaines sont assez croustillantes ... Voici une histoire qui m’a été racontée, il y a quelques années. Je ne saurais vous dire si elle est véridique, mais, peu importe, elle mérite amplement ces quelques lignes.

 Les faits se déroulent juste après la Seconde Guerre mondiale. Fraîchement débarqué en Suisse, un ami, originaire de Trieste, fait une balade en voiture. C’est une belle journée d’été, les hasards de la route le mènent dans un petit village de montagne, loin de tout. L’ambiance est des plus festives, les maisons sont fleuries, drapeaux et banderoles sont disposés un peu partout. Midi sonne, mon ami arrête sa voiture devant dans la seule et unique auberge de l’endroit. La grande salle est pleine à craquer, tous les habitants sont là. On parle, on trinque, on rit. La tenancière, petite femme au teint rougeaud, prépare une table. Agé d’une vingtaine d’années, cet Italien a déjà une bonne culture… il ne connaît cependant pas toutes les coutumes.

—   Pardon Madame, c’est la première fois que je viens en Suisse … L’ambiance est visiblement à la fête. Pourriez-vous me dire ce que vous célébrez ?

       Silence dans la salle, la tenancière le regarde d’un air étonné.

—   Mais, voyons monsieur, on fête le 1er Août !

—   C’est un événement particulier ?

      La tenancière est hilare. Elle lance un regard circulaire, comme pour prendre à témoin chacune des personnes présentes.

—   Vous vous rendez compte, ce jeune étranger ne sait pas ce qu’est le 1er Août !

       Eclats de rire dans la salle. Mon ami est extrêmement gêné …

—   On ne peut pas ignorer cela quand on vient dans notre beau pays. Voyons donc, le 1er Août, c’est la fête de l’entrée de la Suisse dans la Confédération !

      L’histoire ne dit pas si, ce jour-là, une âme charitable s’est donné la peine de fournir des explications plus circonstanciées à mon ami. Une seule chose est sûre, Guillaume Tell s’est retourné plusieurs fois dans sa tombe...

 

Philippe Jeanneret, chroniqueur

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