L’art de se faire la belle

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L'EDITO du mois de novembre, magazine générations

Rappelez-vous : la chaleur de l’été nous avait rassurés un peu, l’horizon s’était ouvert et les chiffres du Covid-19 s’étaient calmés. L’hiver, c’est vrai, pouvait attendre. 

Aujourd’hui, hélas, l’épais brouillard de novembre nous rattrape et nous saisit d’un coup, de haut en bas comme de bas en haut : la deuxième vague pandémique est donc là, avec ses chiffres et ses hôpitaux. Comment sortir des pensées anxiogènes qui s’abattent désormais de nouveau sur notre moral et laminent nos élans, journée faisant ? Oui, comment allons-nous supporter ce nouvel enfermement auquel nous contraignent le Covid-19 et son inévitable confinement ? Comment allons-nous aménager nos esprits et nos émotions pour qu’ils ne cèdent ni à la panique ni à l’usure d’une année que personne ne voulait imaginer ? 

Eh bien, disons-le d’entrée, nous avons voulu interroger des spécialistes pour trouver des solutions. Gonflé, non ? Ah, pas de celles, scientifiques, qui nous promettent un vaccin ou la fin des aérosols ! Ni celles qui nous disent comment se désinfecter les mains ou respecter un couvre-feu quand on vit seul à la maison. Non, nous avons interrogé des professionnels, mais d’un tout autre acabit : ils ne sont ni médecins ni épidémiologistes, mais poète, cuisinier, romancier, danseur, musicien et philosophe. 

 

« Un ailleurs qui nous transporte, 
nous extirpe, nous décolle du quotidien, 
nous relie à autre chose, un ailleurs qui 
s’accorde à nos voix intérieures… »

 

Ne souriez pas : ce qu’ils nous disent est essentiel, des choses magnifiques  et qui font un bien fou, alors que les nouvelles du monde nous pétrifient parfois sur notre chaise.  

D’abord, et nous l’oublions, ils nous assurent que nous avons les ressources en nous pour se faire la belle ! Quitter nos angoisses et voyager ! Oui, ils nous expliquent qu’il suffit de prendre un livre, d’écouter ou de faire de la musique, de méditer, de cuisiner, d’être attentifs aux petits détails de l’existence pour se rapprocher d’un ailleurs qui n’est ni votre chambre ni votre psyché : un ailleurs qui nous transporte, nous extirpe, nous décolle du quotidien, nous relie à autre chose, un ailleurs qui s’accorde à nos voix intérieures… Tendez l’oreille, souffle le poète Voisard, faites votre pain, lance la gastronome Jeanmairet, écoutez Bach, scande la pianiste Meyer… et vous le verrez : le miracle se produit.

 

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S’évader en chambre, c’est donc cela : prendre du temps pour se souvenir que nous sommes forts, que nous sommes inventifs, que nous sommes enchanteurs et partir. Loin des tracas du monde, de l’autre côté de la planète, sur l’autre face de notre vie – qui ne doit pas, qui ne peut pas se limiter à la courbe des nouvelles infections du Covid-19.

 

Blaise Willa,
directeur de publication
et rédacteur en chef

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