L’amour au temps du corona 

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Oui, les amis, nous avons dû apprendre à vivre confinés. Mot dont on ignorait quasi le sens, il n’y a pas si longtemps. Là, pour le coup, on a compris. On nous a dit qu’il fallait télétravailler, faire de la gym, lire et s’alimenter correctement. Mais pour l’amour, c’est comment ? Eh bien, c’est comme un statut Facebook : compliqué.

Si vous êtes en couple, sans enfant dans une villa avec piscine, évidemment, ça veut jouer. Mais, si vous êtes entassés avec les gamins toute la journée ? Seul ? A distance ?
Alors, pour les gamins, à mon avis, cela se règle à grands coups d’écrans : « Les enfants, vous voulez voir un film que vous adorez ? » Yaay ! Voici 12 paquets de chips, papa et maman vont faire la sieste. Le problème étant que papa et maman sont tellement rincés qu’ils font VRAIMENT la sieste.

Pour les gens seuls, j’ai adoré les petites annonces du style : « Je suis célibataire et j’ai du gel hydroalcoolique. » Ou bien : « Oui, j’avoue, il m’arrive de serrer la main le premier soir. » Haha. Mais on ne va pas se le cacher, les sites de rencontres, ce n’est pas le moment, en fait les rencontres, ce n’est pas le moment non plus. Après, il y a le porno en ligne, mais bon, hein, on se comprend.
Et puis, il y a ceux qui sont loin de leur amoureux. Comme moi. Vieux et à risque tous les deux. Avec une frontière au milieu. C’est rude et il faut savoir être heu… créatif. Si on m’avait dit, un jour, que ma perche à selfie (que c’est moche ce mot !), que je n’ai jamais utilisée, servirait finalement à faire des photos dans ma propre chambre, je ne l’aurais jamais cru. Heureusement, j’ai retrouvé la clé de la porte pour éviter que mes deux enfants adultes confinés ne voient leur mère de 54 ans essayer de la jolie lingerie devant son smartphone. J’ai aussi trouvé de très belles lettres érotiques de grands auteurs à lire, bref, on se débrouille avec les moyens du bord. Mais je rêve de passer la frontière clandestinement comme sous l’Occupation, avec des victuailles et des petites culottes en dentelle dans ma voiture. Je vous embrasse de loin du coude du pied et, surtout, du cœur.

 

La chronique, A cœur joie par Martina Chyba

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