L’épreuve du maillot

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A cœur joie, la chronique de Martina Chyba

On l’a voulu, on l’a eu, les plages et les piscines ont rouvert. Maintenant, il faut se baigner. Le problème, c’est que, avant de se baigner, il faut trouver un maillot de bain. Cela a l’air simple, mais, en fait, non. Déjà, avez-vous essayé un costume de bain dans une cabine ? Se déshabiller quand il fait chaud sous les néons est en soi un exploit. Découvrir son corps blême, veiné et ramolli, ce n’est pas facile à 20 ou 30 ans, à 60 ce n’est même plus de l’exploit, c’est inhumain. Et tenter de faire entrer ce corps blême, veiné et ramolli dans ce qu’ils vendent comme maillots, avec des fils et des trous, tout en gardant sa culotte par mesure d’hygiène, c’est quoi ? Moi, j’ai arrêté. J’achète et, si cela ne convient pas, je revends, je donne, je remets celui de l’an dernier. Si j’arrive.

 

L’été au bord de l’eau, il y a deux sortes de personnes. D’abord, les planqués. Djellaba manches longues, chapeau à larges bords et lunettes. La tendance été 2020 permet encore d’ajouter un masque. Avantages : personne ne vous regarde et zéro coup de soleil. Désavantage : pour aller dans l’eau, ce n’est quand même pas pratique. De l’autre côté du spectre des complexes, les détendus du slip. Les adeptes féminines ou masculins du micro string, exposant hardiment hectolitres de cellulite et graisse abdominale. A la piscine de mon quartier, il y a des femmes rescapées des années 80 et des années de bronzage à la graisse à traire, qui se retrouvent régulièrement, seins nus sur les genoux et clope au bec pour discuter. A (parfois largement) plus de 60 ans, elles se fichent du regard des autres et se font plaisir, moi sous ma djellaba et derrière mon masque, je dis « respect ».

 

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Dans la même catégorie, on peut ajouter les naturistes que vous croisez au bout de la plage et qui se baladent la quéquette à l’air, partant du principe que c’est un chouette spectacle… tous ces organes génitaux un peu flapis à l’air. Oui c’est la nature, mais, en même temps, bien avant que les homo ne deviennent sapiens, ils mettaient déjà des bouts de peaux de bêtes à ces endroits-là, si je ne m’abuse.

Alors que faire, les amis ? Un compromis helvétique ? T-shirt paréo qu’on enlève pour aller se rafraîchir et qu’on remet après ? Ou alors, partir en Islande pour un voyage en K-way ! Ah, mais mince, on ne peut pas. Allez, courage et bon été !

 

Martina Chyba

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