Gilets jaunes : sortir du cadre

Quel que soit le journal qu’on lise ou la chaîne de télévision qu’on regarde depuis un mois, on voit des gilets jaunes qui, par leurs blocages des routes et leurs défilés parfois accompagnés de violence, parviennent à faire plier leurs élus, président en tête. C’est comme si on montrait aux lecteurs et aux téléspectateurs que la violence et les actions illégales, comme la destruction de radars, de postes de péage, sont des moyens d’obtenir ce qu’on veut. Les lycéens l’ont bien compris et manifestent à leur tour ! Le problème lié à tout cela, c’est que les jeunes et les enfants apprennent à imiter ces comportements destructeurs, comme s’il s’agissait du meilleur moyen de se faire entendre.
En tant que seniors, aînés, grands-parents, je crois que nous avons un rôle important pour faire passer d’autres messages, pour guider les jeunes qui nous sont proches. Sur une chaîne de télévision régionale française, le journaliste demandait à un vendeur de légumes pourquoi il n’approuvait pas l’action des gilets jaunes ? Ce dernier répondit qu’il ne comprenait pas que ces personnes s’en prennent à d’autres travailleurs en les empêchant de circuler normalement. Il racontait que, lui aussi, avait tiré le diable par la queue avec son salaire minimum durant plusieurs années. Puis, avec son épouse, ils avaient imaginé d’offrir aux habitants de leur petite ville de les approvisionner en légumes frais qu’ils allaient chercher à la campagne, après leur journée de travail. Petit à petit, le commerce avait prospéré et était devenu son occupation principale. Il se disait heureux et sans gros soucis financiers. Il concluait en disant qu’il y avait des possibilités de bien vivre pour ceux qui n’ont pas peur de se lever tôt et de travailler dur, pour ceux qui agissent au lieu d’attendre sans cesse l’aide de l’Etat. C’est aussi un message à relayer, moins spectaculaire que les échauffourées de Paris, mais tout aussi important. La vie, c’est en grande partie ce qu’on pense, ce qu’on croit, ce qu’on fait et comment on le fait !

 

Rosette Poletti

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