Epilation

@RTS/Jay Louvion

Al’heure où j’écris, il n’y a que les commerces essentiels qui sont ouverts. Dont l’institut de beauté. J’en déduis que se vernir les ongles et se faire épiler est essentiel. Et franchement, ce n’est pas faux. En ces temps de dépression généralisée, tant qu’à me jeter par la fenêtre, autant faire un cadavre un peu présentable. Alors, je vais vous raconter une chose que tout le monde doit connaître : la joie de l’épilation du maillot. Certes, je passe mes journées en visioconférence et on n’est pas censé faire apparaître cette partie du corps. En principe. Mais, le soir, si on veut entretenir un minimum la libido, il faut entretenir un minimum les zones concernées.

 

Et me voici chez l’esthéticienne charmante et sadique (forcément) qui va me transformer de Madame Cro-Magnon en star de porno en deux coups de cuillère à cire bouillante. Le ticket de métro, c’est ringard depuis vingt ans, donc maillot dit semi-brésilien. « Un petit triangle bien dessiné et bien lisse tout autour s’il vous plaît. » Réponse : « Alors, on est prête à faire la grenouille ? » Oui, l’épilation, c’est un avant-goût de l’EMS, on régresse complètement et on nous parle comme à des enfants de 3 ans. Je replie une jambe et je serre les dents. Serrer les fesses, je ne peux pas. La cire brûlante ça va, la bande qui arrache, ça va pas du tout. Tchac ! Vu la douleur, il doit y avoir une mare de sang comme dans un film de Tarantino, non ? Même pas, c’est juste un peu rouge, et elle enchaîne avec un nouveau Tchac !

 

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Au bout du sixième, on se demande objectivement ce qu’on fout là, à moitié nue devant une inconnue qui nous arrache des lambeaux de peau dans l’endroit le plus intime de notre corps. On respire comme à l’accouchement pour juguler la souffrance, on croit que c’est terminé, eh bien non ! Il y a la petite surprise de la fin. « On fait le sillon interfessier ? » Oui, sachez que c’est comme ça que ça s’appelle quand on veut dire la chose poliment.

 

Et Tchac ! Là, pour oublier la position dans laquelle on est, on tente un brin de conversation : « C’est marrant, hein, à la ménopause, les poils ne poussent plus sur les jambes, il faut bien qu’il y ait des avantages… » Et, alors qu’on pensait avoir touché le fond, question humiliation, l’esthéticienne forcément sadique répond : « Oui, mais vous savez ce qu’on dit, c’est parce que, à partir de cet âge, ça monte au visage. » Vous savez le pire ? C’est comme chez le dentiste, à la fin, on dit merci et même on paie pour ça. Et le pire du pire ? Comme ça repousse (soupir), on sera obligée de revenir.

 

Martina Chyba

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Hahaha, elle est magnifique cette Martina Chyba!

Madeleine femme de Michel ;-D