Combattre l’âgisme

©Istock

A cœur ouvert, la chronique par Rosette Poletti

L’âgisme est une forme de discrimination, de ségrégation, de mépris fondé sur l’âge. Selon l’OMS, l’âgisme est plus répandu que le racisme et le sexisme. Cette attitude à l’égard des personnes âgées commence tôt, les travailleurs de 50 ans et plus en souffrent souvent. Ils font l’objet de stéréotypes : « A cet âge-là, on devient rigide, on apprend moins facilement, on coûte cher… » Cela existe dans toutes les circonstances de la vie : dans le monde du travail, dans la vie sociale, le monde politique, dans le monde de la santé.

Lorsqu’on devient une personne âgée de 70 ans et plus, l’âgisme augmente plus intensément, provoquant du stress et un sentiment d’impuissance qui peut mener à une dépression. Récemment, on a vu une manifestation d’âgisme spectaculaire dans un parti politique vaudois, où deux seniors expérimentés et très compétents ont été « mis à la retraite » (jetés !), sans possibilité de s’exprimer lors d’une assemblée générale, par une jeune présidente qui confond son parti avec un régime totalitaire.

C’est extrêmement grave, cela met en lumière cet âgisme dont tout senior peut être victime. Michelle Bachelet, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits humains écrit : « L’âgisme nuit à tous, aux personnes âgées aussi bien qu’aux jeunes… Nous ne réalisons pas les répercussions qu’il a sur notre dignité et sur nos droits. »

 

 « L’âgisme est la prochaine grande cause à défendre »

 

On a pris conscience du sexisme dans notre société, des progrès ont été faits, il reste beaucoup à faire, surtout dans certaines structures et religions. L’âgisme est la prochaine grande cause à défendre. De grands efforts sont nécessaires. Il faut informer, éduquer, soutenir, peut-être faire des lois, favoriser les contacts entre enfants et personnes âgées, créer des Conseils d’anciens soutenus par les communes, comme l’a fait Yverdon.

Le nombre d’anciens va augmenter dans les années qui viennent, il est indispensable que les seniors trouvent des solutions pour que leurs droits élémentaires soient reconnus et qu’une vraie démocratie continue à exister chez nous !
Les « vieux » sont des citoyens à part entière, ils n’ont pas de date de péremption ! N’en déplaise à certains jeunes loups (ou louves ) !

Rosette Poletti

0 Commentaire

Pour commenter