Cet été, bonne nouvelle, on reste à la maison

Brigitte Rosset ©DR

Je me souviens, la chronique de Brigitte Rosset

On ne s’énervera pas à chercher, pendant des heures sur internet, LA maison de rêve à louer dans les Pouilles, qui sera finalement derrière un parking et à côté de la route cantonale.

On n’oubliera pas les maillots de bain. Du coup, on n’aura pas besoin d’en acheter des très moches au marché du village.

On ne s’engueulera pas dans la queue devant le guichet « easy machin », parce que: « C’est bon, oui, désolée, j’ai oublié de payer le supplément pour passer devant tout le monde, alors qu’on est très en retard et qu’on risque de louper l’avion. »

On n’abandonnera pas son téléphone portable dans les toilettes de l’aéroport et on ne passera pas ses deux semaines de vacances à tenter de se le faire envoyer, sans succès, en « express recommandé plus vite que ça » à l’office de poste de la ville la plus proche, qui est quand même à deux heures de bus.

On n’aura pas d’intoxication alimentaire, parce qu’on a absolument voulu tester ce petit restaurant complètement désert, un peu louche, mais quand même tellement typique.

On ne fera pas la tournée des boîtes de nuit du village à trois heures du matin pour retrouver la fille aînée à qui on avait pourtant dit: « Minuit au plus tard. » et qui avait répondu: « Oui, c’est promis ! »

On ne culpabilisera pas pour savoir si c’est raisonnable d’engloutir cette gaufre à la crème fouettée et au chocolat, alors qu’on n’a pas bougé ses fesses de sa serviette de bain depuis le matin.

On n’aura pas besoin de surveiller la limite de sa carte de crédit à cause (entre autres) de: « Mamaaaan, j’ai absolument besoin de cette petite paire de sandales qui n’est pas si chère que ça, en fait. »

Non, cet été, on profite: on taille les haies, on scarifie le gazon, on enlève les mauvaises herbes à la main, on fait briller la grille du barbecue, on range les armoires, le garage, le grenier, la cave… Et j’espère que, avec tout ce qu’on a à faire, il nous restera quand même un peu de temps pour inviter à dîner les amis qu’on n’a pas pu voir ce printemps.

 

Brigitte Rosset

 

 

0 Commentaire

Pour commenter