Année 2022 : rassemblons !

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L'EDITO de janvier du magazine générations.

La plaine lumineuse et ouverte dont on rêvait, il y a une année encore — enfin une sortie de crise, le bonheur de se retrouver, les vacances, le soleil, le vaccin — s’est muée au fil des mois en un méchant val gris, sombre et tortueux, que des factions désormais ennemies se bataillent à coups d’anathèmes et d’insultes. Hordes prêtes à tout, à tout bouffer, à tout trancher, à tout bannir, pour avoir raison sur l’autre, coûte que coûte. En résumant : la situation du vivre ensemble s’est méchamment péjorée, cette année 2021

J’exagère ? Ouvrez les yeux : le vaccin. Jamais on ne s’est retrouvé si divisé, au sein des familles comme de la société, avec des tranchées ouvertes, et cela, le plus souvent contre toute attente et toute logique de solidarité. Le combat des minorités ? Même chose. Maltraitées, vilipendées, crucifiées parfois, les voilà enfin parties en quête de reconnaissance, de droits, d’inclusion et d’accès. Personne, non personne, n’osera ici les freiner, la quête est juste et la souffrance souvent insupportable.

 

  « Le vivre ensemble en pâtit, l’obscurantisme guette, la surdité gagne »

 

Mais du coup, enhardies par leur propre multiplication, les voilà, ces mêmes minorités, soudain enkystées dans leur propre certitude, promptes à condamner urbi et orbi, depuis le trône sur lequel chacune est assise. Ecologistes, féministes, spécistes, vélocipédistes, wokistes, les plus extrêmes lèvent et abaissent désormais le pouce au gré des jours et des polémiques — et il est devenu impossible de se parler. Oui, le vivre ensemble en pâtit, l’obscurantisme guette, la surdité gagne. 

 

C’est là que nous lançons notre cri : résistons à tous ces excès, soutenons l’accroissement des droits face aux nababs et aux affameurs, mais, surtout et par pitié, continuons à vivre ensemble, minorités et majorités ! A se parler les uns avec les autres ! Les vieux avec les jeunes, les femmes avec les hommes, les genres avec les genres ! Cessons de confier notre trésor le plus cher, la pensée, aux seuls algorithmes qui ravinent le champ démocratique. Arrêtons d’imaginer qu’il est meilleur de canarder pour se faire entendre que de discuter et de négocier. Envisageons le monde autrement, avec d’autres valeurs, d’autres cultures, avec respect et solidarité. Rassemblons — oui, c’est un effort encore autre et plus intense — plutôt que de diviser. 

 

Ce qui pourrait ne rester qu’un petit prêchi-prêcha pour l’an 2022 est un discours que nous voulons défendre au quotidien dans notre coopérative à but non lucratif, générations. En informant qualitativement, en partageant, en incluant. Poursuivre sur ce chemin, c’est notre vœu pour l’année qui s’ouvre, année que l’on souhaite, du coup, plus rassembleuse, plus tolérante et rêvons… réconciliée.

Bonne année 2022 à toutes et à tous !

 

Blaise Willa, directeur de publication et 
rédacteur en chef

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