«Oser se montrer vrai»

photo: © iStock / PeopleImages

Quand des femmes parlent entre elles, on dit qu’elles bavardent. Quand des hommes font de même, on dit qu’ils discutent. Ça fait plus sérieux. Mais que se disent les unes et les autres?

En général, les amies se parlent vrai des choses de la vie qui les préoccupent ou les réjouissent, les inquiètent, les révoltent ou les fâchent; elles parlent de leurs relations avec leur compagnon, de la façon dont elles vivent certains conflits au sein de leur couple ou avec leurs enfants devenus adolescents, ou encore avec des collègues de travail.

 

Elles parlent de leur manque de temps chronique, tant elles ont à faire entre maison et travail à l’extérieur, de leur solitude aussi; elles le font en toute confiance et sur le ton de la confidence, parfois avec une touche d’humour ou de dérision. Elles arrivent à se moquer d’elles-mêmes. Rien à voir avec ce que certains appellent avec mépris des «potins».

 

Les hommes ne sont que rarement dans le dialogue intime. Or, dire ce qui nous péoccupe peut soulager.

 

 

Les hommes parlent entre eux de choses qui ne les concernent que peu personnellement, alors même qu’ils traversent peut-être une crise personnelle, familiale ou sont mal dans leur peau; ils ne sont que rarement dans le dialogue intime, dans l’aveu d’un désarroi. Ils parlent volontiers de sport, de politique, de choses et d’autres qui ne les concernent surtout pas intimement. Avec les copains, ils tiennent leurs sentiments à distance pour ne pas se montrer vulnérables. On dirait que dévoiler un peu de leurs états d'âme a quelque chose de dévalorisant. La psychologie, ça ne les concerne pas.

 

Or, dire ce qui nous péoccupe à des amis, à des gens en qui l’on a confiance peut soulager, permettre de voir les choses sous un autre angle, de découvrir parfois ce qui se cache derrière certaines émotions ou des colères. Parler de la vie qu’on vit avec franchise ou d’un point de vue subjectif assumé peut aider à apprivoiser des émotions qu’on n’avait pas forcément identifiées. Oser se montrer vrai avec ses faiblesses, sa vérité et son humanité, cela fait du bien. Cela peut soulager, permet de relativiser ce qu’on est en train de vivre, voire même d’en rire. Et de repartir d’un bon pied dans la grande aventure de la vie quotidienne.

Par Nicole Métral

0 Commentaire

Pour commenter