« L’identité de genre »

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On le scrute, le soupèse et le soigne. Car il nous préoccupe, ce corps qui prend de l’âge, et nous nous en occupons. Toujours en forme et avec les formes d’usage, Isabelle Guisan s’en inquiète et s’en amuse.

« L’identité de genre.» Je me lance dans ce sujet compliqué un peu comme on saute à  l’élastique. Eh oui, le moment semble venu de s’extraire des idées simples sur qui nous sommes. La question fait l’objet d’une foultitude de recherches, agite et divise beaucoup d’esprits, jeunes en général. Alors, pourquoi pas les nôtres ?  

Donc… l’identité de genre, à distinguer de l’orientation sexuelle, ouvre désormais un champ in-fi-ni de réflexion. Se dire juste homme ou femme, c’est terminé depuis longtemps. Nous avons déjà dû clarifier qui nous attire, précisant ainsi notre orientation sexuelle, hétéro, homo, bi, trans. LGBT, c’est clair aujourd’hui pour tout le monde. LGBTQIA+ et LGBTQ2S+, un peu moins quand même. Mais aucune mention n’est exigée pour l’instant dans nos papiers d’identité.

Quant à l’identité de genre, je m’y perds. Je suis, semble-t-il, une femme qui se reconnaît dans son corps de femme, donc cisgenre. Cisgenre, vous connaissiez le concept ? Moi pas, d’ailleurs, mon ordinateur souligne encore le mot en rouge. Je ne suis du coup pas trans. Attention, on ne parle pas ici de transsexuel-le allant peut-être vers des opérations multiples. Juste d’un être humain qui se reconnaît dans le sexe opposé sans chercher à y appartenir. D’autres se diront fluides, parce qu’oscillant entre les sentiments d’appartenance. Ou encore agenre.

 

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Les agenres peuvent-ils être pansexuels ? Pansexuel ressortirait plutôt de l’orientation sexuelle ? Rien à voir avec dyadique ?

In-fi-ni, le tour de la question ! La notion de queer pourrait englober toutes les tendances, ce qui serait super pratique. Mais cet anglicisme reste opaque, son sens m’échappe. Et qui va se dire queer à 70 ou 80 ans dans un village fribourgeois ou sur un alpage valaisan ? Pourquoi pas au fond. Mais la fluidité m’attire davantage. Elle est belle, la perspective d’être fluide, non ? Se laisser définir par la rencontre, où que ce soit, montagne, plaine, mer, bureau, avion, bateau. En ces temps de Covid-19 ou dans un après virus encore brumeux. Cette femme androgyne qui me sourit, ce ténébreux sans âge qui traverse mon chemin, ce, cette, ces… Allez, ouvrons la fenêtre et plongeons dans la fluidité.

 

Isabelle Guisan

 

 

 

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