On a tué la bonne bouffe!

©DR francesca Mantovani Gallimard

Roman. A mi-chemin entre le polar et l’anticipation, Nos derniers festins de Chantal Pelletier décrit un monde où les épicuriens sont devenus des parias et où on a fait table rase du foie gras et du camembert.

En 2044, on ne mange plus d’escargots, ni de cuisses de grenouilles en Provence. Le beurre a été mis au ban et les mignons animaux que sont les veaux et les lapins sont devenus intouchables. Autant vous dire qu'on ne parle même plus des fumeurs qui ne sont plus remboursés par la sécu. Bref, au nom de la protection des animaux et de la bonne santé – les citoyens ont désormais des permis à points pour la table – tout est interdit ou presque.

Et pour contrôler cette société, des contrôleurs alimentaires traquent les fraudes et les trafiquants de foie gras ou de camembert. Heureusement, dans ce monde imaginé par la romancière Chantal Pelletier – une ancienne de la troupe de cabaret-théâtre Les 3 Jeanne – certains fonctionnaires sont plus compréhensifs que d’autres, comme La Janvier, pulpeuse et gourmande à souhait. Ce qui n’est pas cas de son nouvel adjoint qui va prendre très au sérieux un vrai crime commis lors d’un banquet clandestin: le cuisinier a été ébouillanté dans la marmite où mitonne la blanquette de veau (interdit)!

La suite, à vous de la découvrir dans ce court ouvrage qui vaut par le côté rabelaisien de certains personnages et dans la description de ce qui pourrait bientôt devenir notre monde. En regardant autour de nous, on se dit qu’on n’est effectivement plus très loin d’un univers gastronomique réduit en miettes sous la pression des vegans et autres gourous de la bonne santé. Un conseil: cachez votre fromage et votre caquelon!

J.-M.R.

Nos derniers festins, Editions Gallimard 

 

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