Stephen King fait mine d’être assagi

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A 72 ans, le maître de l’angoisse est toujours aussi facétieux. Même s’il nous livre cette fois une intrigue presque classique avec L’outsider. Enfin, quand on dit presque…

Tout commence par le meurtre affreux d’un jeune garçon. Et lorsque la police arrête devant un stade rempli l’entraîneur de l’équipe de football américain, toute la ville est en émoi. Comment un homme respecté et aimé par toute la communauté a pu commettre pareille atrocité ? Les flics sont sûr de leur coup, les témoignages visuels sont nombreux, les preuves scientifiques sont là. Problème, l’avocat de l’accusé fournit très vite, lui aussi, des preuves irréfutables et un alibi solide comme la tête de Donald Trump. Arrivent le procès et de nouveaux drames. Placé en congé administratif, l’inspecteur en charge de l’affaire se met en quête de la vérité. Mais quelle vérité dans un drame où la logique semble avoir perdu toute légitimité ?

Stephen King a beau avoir 72 ans, il aime toujours autant jouer avec le lecteur. Après une entame d’allure presque classique, il casse tout pour nous faire frôler dans un premier temps le mystère, puis de nous amener peu à peu vers l’inconcevable. Il fait renaître en nous des peurs d’enfants, réveille des angoisses enfouies et réussit son coup une fois de plus.

Du bon Stephen King quoi, mais faut-il vraiment le préciser ?

J.-M.R.

L’outsider, Editions Albin Michel.   

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