Hilary Clinton ou La revanche d’une blonde

©Dominique Lafond ,Deborah Feingold/DR

Humiliée par les incartades de son mari Bill Clinton, battue par Barack Obama, puis par Donald Trump dans la course à la Maison-Blanche, Hilary Rodham Clinton n’a jamais baissé les bras. Au contraire.

Au moment de tirer le bilan de sa vie, Hilary n’aura pas à rougir de son parcours. C’est que, chez les Clinton, on a manifestement le sens de la compétition. Monsieur a été président des Etats-Unis, elle tentera par deux fois, elle aussi, de conquérir la Maison-Blanche. Sans succès. Battue lors des primaires, la première fois par un certain Barack Obama, elle échouera ensuite en tant que candidate officielle des démocrates contre Donald Trump. Reste qu’elle a été une sénatrice de New York très appréciée, notamment en raison de son engagement envers les victimes des attentats du 11 Septembre 2001. Pendant quatre ans, elle a aussi été une remarquée Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères sous Obama.

Vous avez dit compétition ? Depuis son départ de Washington, Bill Clinton s’est mis à l’écriture de polars avec l’auteur de best-sellers James Patterson. Et que croyez-vous que fît Hilary ? L’ancienne avocate spécialisé dans le droit des enfants — désignée par deux fois parmi les cent avocats les plus influents des Etats-Unis — a écrit un polar avec son amie de longue date, la Canadienne Louise Penny, également auteure à succès. Ou plutôt un thriller sur fond d’intrigues internationales avec, pour héroïne, une nouvelle Secrétaire d’Etat. Tiens donc. On vous le dit, l’ouvrage est passionnant. Et on ne peut s’empêcher de vouloir démêler la fiction de la réalité. Par exemple, quand le personnage principal de Etat de terreur rencontre un président russe décrit comme un véritable salaud. Certes, ce maître fictif du Kremlin ne se nomme pas Poutine, mais on nous dit qu’il aime poser torse nu à cheval !  
Bref, on a de la peine à départager l’un ou l’autre des époux Clinton. L’ex-Première dame ayant encore participé de manière soutenue au financement de la fondation de son mari qui a pour but d’aider à lutter contre le changement climatique, pour le développement économique et la place des filles et des femmes, mais aussi pour l’accès aux soins universels.

 

Avantage Hilary

Au final, on ne peut toutefois s’empêcher de penser que cette septuagénaire toujours active (née en 1947) a peut-être remporté le combat de la dignité. La revanche d’une blonde pour reprendre le titre d’un film célèbre. Ainsi, malgré les aventures de son mari — dont la plus célèbre a été l’affaire Monica Lewinsky du nom de cette stagiaire de la Maison-Blanche ayant prodigué quelques gâteries à son patron — Hilary Rodham Clinton est toujours restée à son côté. Non pas parce que elle est très pieuse, mais parce qu’elle a su se poser la bonne question, a-t-elle expliqué une des rares fois où elle s’est exprimée sur le sujet. « Je me suis demandé si je l’aimais toujours. Et la réponse était oui. »

Cela dit, les murs de la Maison-Blanche avaient quand même tremblé auparavant, selon des indiscrétions relayées alors par Le Figaro. La femme bafouée aurait alors envoyé sur son époux un objet lourd, « une bible ou une lampe de chevet », tout en le traitant de « salaud ». On ne saurait lui donner tort.  

 

J.-M.R. 

Etat de terreurEditions Actes Sud 

 

 

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