Faut-il enlever le genre de la carte d’identité ?

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En Belgique, l’indication masculin ou féminin ne figurera plus sur le document officiel d’identité. Et en Suisse ?

 

Les Belges suppriment le genre sur la carte d’identité. Eût-il mieux fallu ajouter la possibilité d’un « X » au « F » et au « M », comme aux Etats-Unis ?

Non. Les notions de genre, de sexe biologique ou encore les caractères sexuels secondaires ne doivent être indiqués que lorsque cela est nécessaire. Cela peut être le cas dans certaines situations spécifiques, comme de soins par exemple. Pour le registre civique, en revanche, le genre n’apporte aucune information utile pour identifier une personne.

 

En quoi une telle décision administrative est-elle utile à la reconnaissance sur un plan général des non-binaires et/ou intersexes ?

La décision de cette suppression sur les cartes d’identité signifie avant tout ne plus participer à une discrimination. L’obligation d’annonce du genre peut être vécue comme une violence quotidienne, encore plus quand la personne est mégenrée. Les administrations publiques doivent tout faire pour lutter contre toutes les sources d’inégalité et reconnaître une réalité : il n’y a pas que le genre « femme » ou « homme », mais il y a une pluralité de genres qui correspondent à des individus qui ont la même légitimité que tout le monde à voir leur personne reconnue telle qu’elle est.

 

Le prénom attribué à la naissance n’invalide-t-il pas de facto cette mesure ?

Les procédures pour le changement de nom sont plus généralisées et elles sont souvent plus faciles d’accès que ne le sont les changements de genre. Il est donc nécessaire de rendre ces changements plus accessibles et rapides. Par ailleurs, la langue évolue tous les jours, les prénoms aussi

 

Plus généralement, la mention d’un genre « divers », ni masculin ni féminin, sur les certificats de naissance est-elle souhaitable ?

Attribuer un genre à la naissance est un non-sens, puisque le genre est défini par l’individu lui-même. Ainsi, on peut imaginer inscrire les informations biologiques dans le dossier médical lors de la naissance sans pour autant poser les jalons d’une future discrimination en désignant le genre de l’enfant, qui n’est pas une information pertinente.

 

 

Les Belges suppriment carrément le genre sur la carte d’identité. Une façon commode de clore le débat sur un troisième sexe administratif ?

Cela ne clôt rien du tout. L’objectif des lobbies à la pression desquels les Belges ont jugé commode de céder n’est pas de cacher le sexe, masculin ou féminin, des personnes, mais d’en instaurer un troisième. La mesure choisie ne répond pas à cette demande, tout en supprimant bêtement un élément essentiel de votre identité sur un document dont la seule raison d’être est de faciliter votre identification…

 

Sur un plan philosophique ou sociétal, qu’est-ce qui, selon vous, fait obstacle à l’inscription d’un troisième genre sur la carte d’identité, comme en Allemagne ?

La réponse est dans votre question : vous venez de passer du mot sexe, donnée biologique, comme le sont la taille, la couleur des yeux, des cheveux, la date de naissance, qui servent à l’identification certaine d’une personne, au mot genre, donnée culturelle, subjective au point que certains la voudraient fluctuante et qui n’a, de ce fait, rien à faire sur une carte d’identité.

 

Que répondre aux personnes transgenres et intersexes qui demandent une adaptation du Code civil à leur statut minoritaire ?

Que le genre, pas plus que le sexe, ne figurent dans le Code civil.

 

En Suisse, l’inscription d’un troisième sexe est-elle inéluctable, malgré le rejet d’un postulat dans ce sens en 2018 ?

Rien n’est inéluctable. Le quarteron de fonctionnaires des Départements de l’instruction publique qui s’est piqué de rendre obligatoire l’écriture inclusive à la mode en ce moment s’est vite heurté à une réponse des Parlements cantonaux où l’on débat en ce moment d’inscrire dans la loi une interdiction faite à l’Etat de jouer avec la langue des gens.

 

 

Nicolas Verdan

 

 

 

 

1 Commentaire

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Je pense surtout qu'il faut bientôt arrêter les conneries... On veut classer tout le monde dans des catégories... On commence sérieusement à détailler avec les LGBTXYZ, les hyperactifs, végane, végétarien, antilactose, etc etc etc mon dieux que le monde va mal qu'elle perte d'énergie pour des âneries. Et si on revenait au basique
On prône le retour à la nature à l'origine, on devrait commencer par ça, il y a des femmes des hommes points après ce qu'ils font c'est leurs problèmes mais arrêtons les bétises